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QueerScreen : faut-il s’abonner à la plateforme de VOD ?

Deux ans après sa création, la plateforme de VOD QueerScreen est-elle fidèle à son objectif de départ : donner à voir à ses abonné·es des films LGBT+ peu ou pas diffusés ailleurs, ainsi que des œuvres d’auteurs et d’autrices exigeant·es et reconnu·es ? On s’est plongé pour vous dans son catalogue…

Avec ses près de 300 titres (dont une dizaine de programmes de courts métrages ainsi quune poignée de documentaires et de séries), le catalogue de QueerScreen est assez équilibré, mixant tout-venant d’une production gay à base de romances un peu fades, révélations de jeunes cinéastes aux approches innovantes des questions LGBT+ et films marquants de quelques-un·es des meilleur·es réalisateurs·ices gays et lesbiennes du moment. On y trouve en effet pêle-mêle Xavier Dolan (J’ai tué ma mère), Jo?o Pedro Rodrigues (L’Ornithologue), Bruce LaBruce (Gerontophilia), Alain Guiraudie (Rester vertical), Wong Kar-wai (Happy together), Antony Hickling (Where horses go to die), André Téchiné (Nos années folles), Marco Berger (Absent), John Cameron Mitchell (Shortbus), Olivier Ducastel et Jacques Martineau (Drôle de Félix), Gregg Araki (Nowhere, Kaboom) ou Yann Gonzalez (Un couteau dans le cœur).

Une plateforme essentiellement gay

Cette liste, qui comporte quelques chefs-d’œuvre (Happy together !), pose pourtant bien les limites de QueerScreen. En effet, en dépit du postulat queer affiché par ses promoteurs (le distributeur Optimale en tête), la plateforme est essentiellement gay et n’offre qu’un très petit nombre de films destinés aux lesbiennes : à peine une vingtaine, parmi lesquels on ne compte que de rares films un peu ambitieux dans leur forme ou leur propos, parmi lesquels Le Chant des sirènes, de Patricia Rozema, ou Nuits sauvages avec Emily de Madeleine Olnek. Quant aux films abordant la transidentité, ils sont notablement absents, à l’exception du délicat Il ou elle, qui mérite bien mieux que son titre français…

Les cinéphiles queer peuvent-ils et elles néanmoins trouver leur bonheur sur QueerScreen ? Oui, sans doute, car à côté des titres déjà cités, la plateforme met à leur disposition de jolies pépites à (re)découvrir, que ce soit le plus enthousiasmant des films militants de ces dernières années (Pride), les délicieuses comédies décalées de Patric Chiha (Boys like us) ou de Dominique Choisy (Ma vie avec James Dean), les films puissants pointant la situation des homosexuel·les dans d’autres parties du monde — le Maroc pour L’Armée du salut d’Abdellah Taïa, la Lituanie pour Tomber pour Ali, l’Israël de Tu n’aimeras point, le Brésil de Socrates… —, les portraits sensibles d’adolescent·es tiraillé·es par les désirs (le classique Beautiful thing, mais aussi Beach rats, Bleu nuit…).

Alimenté régulièrement en nouveautés, QueerScreen ne tient certes pas toutes ses promesses mais n’en permet pas moins à d’excellents films LGBT+ trop peu vus hors des festivals de trouver un nouveau public.

À consulter 

Le site web de QueerScreen 

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