Pour la saison 2018-2019, le Théâtre de la Renaissance accorde une place importante aux femmes. Qu’elles soient créatrices ou personnages, leur parole, leurs idées et leur imagination promettent de faire des étincelles et de ravir les spectateur/trices.

Cheffe de bord d’une fusée dans Les Plutériens (du 13 au 15 juin 2019), victime du patriarcat dans Eugénie Grandet (du 10 au 12 octobre 2018), résistante à l’oppression financière dans L’Assommoir, sirènes romantiques dans Sept reines : épopée d’un crachin d’amour (du 12 au 17 novembre 2018) ou encore dénonciatrices des violences sexuelles dans Depuis l’aube (ode au clitoris) (du 9 au 11 mai 2019) : les femmes seront, pour la nouvelle saison théâtrale et musicale du Théâtre de la Renaissance, des figures à la fois contemporaines et classiques, puissantes et maltraitées.

Le destin de Gervaise Macquart, librement mis en scène par David Czesienki dans son spectacle L’Assommoir (du 20 au 22 mars 2019), en est un bon exemple. Entre grandeur et déchéance, six jeunes personnes, dont trois femmes, se retrouvent dans le bar qui donne son nom au roman de Zola, et se confrontent les un·es aux autres. Chants, danses et beuveries sont les maîtres-mots de ce récit théâtral, où les acteur/trices endossent à la fois le rôle de narrateur/trice et celui de personnage.

Des femmes sur scène aussi bien que dans les coulisses

Si les femmes occupent la scène, c’est parce qu’elles sont aussi aux commandes des créations, ce qui reste encore assez rare dans le spectacle vivant. Sept reines : épopées d’un crachin d’amour est mis en scène et joué par Nolwenn Le Doth, Anna Pabst et Cyrielle Voguet, membres du collectif Le Bleu d’Armand. La figure de la sirène leur permet d’explorer, de façon rocambolesque, ce qu’est la féminité et les fantasmes, notamment de séduction, rattachés à cette figure mythologique. Pauline Ribat se met elle aussi en scène dans le spectacle écrit par ses soins, Depuis l’aube (ode au clitoris). Interrogeant la place des femmes à travers l’histoire avec humour, pudeur et singularité, elle évoque les sexualités, les désirs et les violences dont elles sont victimes.

Mais ce ne seront pas les seules créatrices : Zabou Breitman avec Logiquimperturbabledufou (du 29 novembre au 1er décembre 2018), Julia Vidit avec Le Menteur (du 30 janvier au 1er février 2019), Maud Lefebvre avec Maja (les 15 et 16 mars 2019), Ophélie Kern avec Les Fougères Crocodiles (du 26 au 30 mars 2019) proposeront des spectacles et des concerts pour tous les goûts et tous les âges. L’Orchestre national de Lyon honorera quant à lui au Théâtre de la Renaissance une de ces compositrices évincées par les hommes de la mémoire collective (à l’instar par exemple d’Henriette Renié). En première partie de la célèbre Truite de Schubert, on pourra ainsi (re)découvrir un autre quintette, composé lui par Louise Farrenc (1804-1875), figure importante du romantisme français (le 14 mai 2019).

De quoi espérer une amélioration par rapport à l’état des lieux de l’Observatoire de l’égalité hommes-femmes dans la culture et la communication publié en 2018, qui indiquait que seuls 35% des établissements publics sous tutelle du ministère, 31% des structures subventionnées de la création artistique et seulement 22% des centres dramatiques nationaux et régionaux étaient dirigés par une femme. À cela s’ajoute le fait que les structures dirigées par les femmes sont souvent celles qui perçoivent le moins de subventions.

Plusieurs artistes homosexuels à l’honneur

Enfin, on peut noter dans cette saison la présence de plusieurs artistes homosexuels. David Bobée, à qui l’on doit notamment un Lucrèce Borgia avec Béatrice Dalle dans le rôle-titre, mettra ainsi en scène (avec Caroline Mutel) un spectacle lyrique fait de chair et de sang d’après le fameux Stabat Mater de Pergolèse (du 4 au 6 octobre 2018). Le concert Yi King, le jeu de la musique et du hasard (le 4 décembre 2018), dirigé par Thierry Balasse, rendra quant à lui hommage au compositeur John Cage (compagnon de Merce Cunningham). Six de ses œuvres seront interprétées, en laissant une large part à l’improvisation. On notera aussi l’utilisation d’extraits de À la recherche du temps perdu de Marcel Proust pour le concert Une chose que nous avons regardée autrefois… (le 15 janvier 2019) et l’interprétation par l’Orchestre des Pays de Savoie d’une œuvre de Benjamin Britten dans Un courant d’allégresse… (le 12 mars 2019). De beaux événements en perspective.

 

Théâtre de la Renaissance, 7 rue Orsel-Oullins / www.theatrelarenaissance.com / 04.72.39.74.91

 

Photo : Depuis l’aube (ode au clitoris) de Pauline Ribat © Alex Nollet

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